« Les dictionnaires amazighes entre hier et aujourd’hui »
(En Hommage à Monsieur le Professeur Abdelali SABIA)
Les 10-11 décembre 2019
PRÉSENTATION
Le parcours historique de la production lexicographique amazighe
d’hier et d’aujourd’hui a connu un essor considérable, sans précédent,
favorisé par l'engagement des chercheurs en lexicographie amazighe :
(Chafiq :1990), (Taifi :1991), (Bounfour et al. :1995), (Oussikoum :
1995), (Adgherni :1996), (Azdoud :1997), (Banhakeia : 1998), (
Nait-Zerrad : 1998), (Haddachi :2000), (Serhoual : 2002), (Haddadou :
2003), (Azaikou et al., : 2004), (Boumalk : 2005), (Iazzi :
2006), (Ameur :2006-), (Chahbari : 2010), (Sabir : 2010), (Barakate :
2012), (Hamek : 2012), (Berkaï : 2013), (Sghir : 2014), etc.)
Ils ont développé une science de confection de dictionnaires amazighes
manifestée par la publication d’un nombre important de travaux sous
forme de lexiques bilingues et trilingues, de vocabulaires et de
glossaires, composés par des lexicographes au sein des instances
institutionnelles et en dehors d’elles, travaux d’amateurs, de
chercheurs universitaires ou autres, qui sont conçus à des fins
pratiques en fonction des exigences spécifiques qu'elles devraient
remplir et servir, et pour lesquels ils sont indispensables. Ce n’est
que tardivement que ces travaux se sont constitués en un objet d’étude
proprement dit. L’essor a pris des aspects linguistiques, pédagogiques
et didactiques. Cette activité a fait du dictionnaire un outil de
réflexion, de recherche et d’action pour débattre des perspectives
sérieuses concernant la discussion autour d’un bon nombre de questions
convergentes. Compte tenu des objectifs escomptés, qui prévoient la mise
en place d’une base de données lexicographiques nécessaires au bon
fonctionnement et à l’identification de plusieurs types d’applications,
le processus peut favoriser la confection d’un dictionnaire standard de
l’amazighe.
La réalisation d’une analyse rigoureuse de l’histoire des principaux
dictionnaires de langue, selon un classement chronologique, déboucherait
sur la répartition de la production lexicographique en phases
historiques bien déterminées. A ce titre, Bounfour (1995) distingue
trois lexicographies : utilitaire, dialectale et scientifique.
Les premiers témoignages manuscrits, décrivant les expériences
pionnières de la lexicographie amazighe, présument que les techniques
traditionnelles de confection des dictionnaires résultent d’une pratique
très ancienne, elles remontent à l’antiquité, avant même l’invention de
l’imprimerie. En effet, nous considérons Kitâb al-Asmâ’ «Livre
des noms», confectionné par Ibn Tunart, parmi les premiers témoignages
lexicographiques amazighes au Maroc, comme étant un dictionnaire
bilingue Arabe-Tachelhit, paru au XIIème siècle. Ce manuscrit
peut être envisagé comme premier texte amazighe, transcrit en
caractères arabes, Bougert (1998).
C’est en 1788 que De Venture (1844 : X) a composé « à l’aide de
plusieurs indigènes du mont Atlas, une grammaire berbère et un
dictionnaire français-berbère et arabe-berbère ». Berkaï (2013 : 50)
confirme que « la publication du ‘‘Dictionnaire abrégé de la langue
berbère’’ de J.-M. de Venture de Paradis en 1844 par la Société de
géographie de Paris constitue l’acte de naissance de la lexicographie
berbère », ce qui montre que cet ouvrage est classé parmi les premiers
témoignages lexicographiques amazighes.
Plusieurs dictionnaires bilingues sont confectionnés au Maroc et en
Algérie sous l’hégémonie coloniale. Ils sont considérés comme étant des
objets sociaux destinés à des communautés linguistiques, ils y lancent
un appel pour plus de dialogue, en soulignant le besoin urgent de
nouvelles formes d’interaction et d’entente entre les différentes
cultures. Vu l’importance de la matière lexicographique, les
confectionneurs de dictionnaires n’ont épargné aucun effort pour que ces
manuels voient le jour pour faciliter la tâche aux colonisateurs en vue
de s’impliquer davantage dans la vie quotidienne des communautés
colonisées. De ce fait, des dizaines de lexicographes de différentes
fonctions (militaires, administrateurs, géographes, interprètes,
diplomates et autres) ont contribué à l’élaboration de dictionnaires en
vue de faciliter l’opération militaire coloniale qui consiste à combler
ce vide linguistique entre le colonisateur et les indigènes
(Brosselard:1844), (Creusat :1873), (Olivier : 1878), (Masqueray :
1893), (Cid Kaoui : 1894-1900-1907), (Bossoutrot : 1900), (Huyghe :
1901, 1903, 1906 et 1907), (Calassanti : 1908), (Boulifa : 1913,)
(Destaing : 1914, 1938 et 1944), (Biarnay : 1917), (De Foucauld : 1918
et 1940), (Laoust : 1920), (Ronisio : 1932), (Jordan : 1934),
(Mercier : 1937), (Ibañez : 1944 et 1949), etc.
Au Maroc, le ‘‘Dictionnaire tamazight-français (Parlers Du Maroc Central)’’
est le premier dictionnaire clairvoyant qui donne l'exemple et ouvre de
nouvelles perspectives. Taifi (1991) confirme que « les dialectes du
Maroc n’ont été l’objet d’aucune étude lexicographique de même
importance. Le dictionnaire tamazight-français que nous présentons ici
n’a donc pas eu de précurseurs ».
Force est de constater que la production lexicographique produite de
l’IRCAM et du HCA est réalisée par des chercheurs au sein des
universités et des amateurs. Elle est destinée à un public de
professionnels, d’apprenants et d’enseignants pour promouvoir
l’enseignement de la langue amazighe dans l’enseignement fondamental et à
l’université.
Une forte évolution de la situation lexicographique n’allait pas
tarder à stabiliser la condition de la recherche scientifique de la
production amazighe : la création de l’IRCAM (Institut Royal de la
Culture Amazighe, Maroc) et le HCA (Haut Commissariat à l’Amazighité,
Algérie), l’ouverture de filières universitaires en langue et culture
amazighes (Nador, Oujda, Agadir, Fès…), la création de laboratoires de
recherche dédiés à la culture amazighe, l’apparition de plusieurs
mouvements amazighes qui défendent les droits linguistiques et
culturels, l’insertion de la langue amazighe dans l’enseignement
fondamental, etc. Tous ces éléments ont contribué largement à établir la
question de la recherche sur l’amazighe en général, et la recherche
lexicographique en particulier.
Si les dictionnaires bilingues ont toujours dominé dans la tradition
lexicographique, la production d’un dictionnaire monolingue constitue
actuellement le dernier processus de la lexicographie amazighe. La
communauté scientifique s’est rendu compte de l’importance de
l’élaboration de ce dictionnaire. Il s’avère nécessaire d’unifier et
d’harmoniser les pratiques lexicographiques en vue de produire un
dictionnaire monolingue pouvant répondre aux différentes attentes des
usagers de la langue amazighe. Le projet serait en mesure de s’inscrire
dans une nouvelle perspective d’orientation pour subvenir aux besoins de
la communauté scientifique et combler certaines lacunes.
Parmi les plus grands défis que la lexicographie amazighe doit
surmonter vient celui de s’adapter à la réalité lexicographique
contemporaine. Malgré les contraintes matérielles, bien différentes, la
lexicographie amazighe doit être numérisée sous diverses formes pour
devenir plus représentative et mieux adaptée à l’usage commun. La
passerelle à la nouvelle phase des dictionnaires numérisés proposent des
possibilités d’accès à l’information efficiente avec une meilleure
consultation.
Ce colloque national se situe dans le cadre de promouvoir les
échanges entre spécialistes scientifiques en matière lexicographique et
de contribuer à l’amélioration et au développement de ce domaine. Il
s'agit de procéder à une évaluation des actions menées jusqu’à présent
concernant les techniques de confection des dictionnaires. Notre
objectif vise surtout à apprécier les acquis du passé en esquissant les
défis actuels les plus imminents et à affronter de nouveaux enjeux.
Ce colloque national qui se tiendra les 10 - 11 Décembre 2019 à la Faculté Pluridisciplinaire de Nador sur le thème de « Les dictionnaires amazighes entre hier et aujourd’hui »
est un projet qui va interroger la production lexicographique amazighe
dans tous ses aspects. Ses buts assignés seront d’examiner certaines
réflexions du point de vue de la recherche scientifique et de
l’enseignement de la lexicographie. Les contributions présentées
discuteront divers sujets, Il sera l’occasion de mettre en lumière les
différentes formules pour améliorer la description lexicographique. Nous
accordons une place importante aux débats sur les questions théoriques
et méthodologiques qui apporteront un nouvel éclairage à la confection
de dictionnaires amazighes.
De ce fait, cette rencontre scientifique, des spécialistes de
renommée nationale : terminologues, lexicographes, lexicologues,
traducteurs, doctorants, universitaires et chercheurs sont amenés à
prendre part à des échanges d’idées et à des débats. L’événement
constitue un horizon d’échange et de partage du savoir.
Il s’agit finalement d’explorer avec minutie les questions liées au
processus et aux méthodes de confection de dictionnaires amazighes.
L’organisation de ce colloque va prendre l’allure d’une rencontre
scientifique orientée vers l’établissement d’un programme précis et
développé autour d’un thème général sur la lexicographie amazighe.
Les axes du colloque :
- L’histoire de la lexicographie amazighe: utilitaire, dialectale et scientifique;
- Le poids de l'idéologie coloniale sur la lexicographie amazighe ;
- Les problèmes théoriques et pratiques qui se posent pour l’élaboration des dictionnaires amazighes monolingues et bilingues ;
- L’esquisse des expériences lexicographiques ;
- La lexicographie manuscrite amazighe ;
- Le dictionnaire comme outil d’apprentissage ;
- Le Métalangage utilisé dans les dictionnaires amazighes ;
- Les problèmes de correspondances terminologiques et de norme lexicale en lexicographie bilingue ;
- Les dictionnaires nationaux ;
- Le dictionnaire monolingue amazighe ;
- Les dictionnaires amazighes à l’heure digitale.
- Coordonnateur du colloque
Hassan CHAHBARI
- Comité scientifique
Hassan BANHAKEIA, Hassan CHAHBARI, El Hossaien FARHAD, Omar
ELYAHYAOUI, Najat ZERROUKI, Sanae YACHOU, Mouman CHICAR, Farid LAMRINI,
Abellah AZEGGAGH, Azeddine ETTAHRI, Ali SADDIKI, AbouAdessalam EL
IDRISSI, Abdel hamid YOUYOU.
- Modalités de participation
20 Septembre 2019 : Réception des résumés (300 mots).
20 Octobre 2019 : Réponse du Comité.
20 Novembre 2019 : Remise des textes définitifs des communications.
10 - 11 Décembre 2019 : Colloque national.
- Lieu du colloque
Faculté Pluridisciplinaire de Nador (Université Mohamed Premier-Oujda, Maroc)
- Comité d’organisation
Hassan BANHAKEIA, Hassan CHAHBARI, El Hossaien FARHAD, Omar
ELYAHYAOUI, Najat ZERROUKI, Sanae YACHOU, Mouman CHICAR, Farid LAMRINI,
Abellah AZEGGAGH, Azeddine ETTAHRI Abdellah BOUSSOUF, Ali SADDIKI, Abou
Adessalam EL IDRISSI, Abdel hamid YOUYOU, Mohamed QALLA, Abdellah BEN
ABDILLAH, Samira RAISS, Najib ALLALI, Mohamed El YOUSSFI, Rachid
BELHADI, Abdelaziz LAMRINI EL UAHHABI.
- Langues du colloque
Amazighe, Français, Anglais, Espagnol et Arabe.
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A adresser avant le 20 septembre 2019 à :
Pr. Hassan CHAHBARI, Faculté Pluridisciplinaire de Nador.
GSM : 06 61 45 67 54.
E-mail : hassanchahbari@yahoo.fr
source : Université de Nador