Les 6 et 7 novembre, l’Assemblée mondiale amazighe (AMA) tient à Rabat une assemblée générale intitulée par ses organisateurs « XIᵉ Assemblée générale des Amazighs du monde ». Au cœur des débats : l’idée d’une « Union de Tamazgha », un ensemble nord-africain démocratique et décentralisé, encore très loin des réalités politiques de la région.
Militants venus du Rif, de Kabylie, des îles Canaries, du Sahel touareg ou de la diaspora européenne : début novembre, le Club des avocats de Rabat accueillera l’un des rares rendez-vous qui rassemblent l’ensemble du monde amazigh. Organisée avec la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté et le journal Le Monde Amazigh, cette assemblée générale de l’AMA pose une question ambitieuse : quel rôle les peuples amazighs peuvent-ils jouer dans la construction d’une union régionale en Afrique du Nord ?
Un projet politique face aux États centralisés
L’« Union de Tamazgha », du nom donné par le mouvement amazigh à l’espace qui s’étend des Canaries à l’oasis de Siwa, se veut une alternative aux modèles étatiques actuels. Les organisateurs dressent un constat sévère : quinze ans après les soulèvements de 2011, les transitions démocratiques de la région restent inachevées, freinées selon eux par des États jacobins, des idéologies jugées dépassées et la montée de courants conservateurs et salafistes.
Pour l’AMA, les Amazighs, populations autochtones de la région, en paient le prix fort : marginalisation économique, atteintes aux droits humains et application toujours lacunaire des droits linguistiques et culturels, alors même que la langue amazighe est reconnue dans les Constitutions marocaine et algérienne.
Face à cela, l’organisation défend un projet fondé sur ce qu’elle présente comme les valeurs démocratiques propres à la culture amazighe : égalité entre femmes et hommes, séparation du religieux et du politique, tolérance et liberté. Son horizon : des États décentralisés, organisés en régions autonomes.
Un rendez-vous régulier
Présidée par Rachid Raha, l’AMA réunit périodiquement ses membres et ses sympathisants pour renouveler ses instances et définir ses orientations. Sa précédente assemblée générale s’était tenue à Ouarzazate en 2022. Le choix de Rabat, siège des institutions marocaines, donne cette année une visibilité particulière à ses revendications.
Hommages et renouvellement des instances
Après l’ouverture officielle par le président de l’AMA, Rachid Raha, et l’intervention de Niomé Sonja Hüneke-Brown, directrice de la Fondation Naumann au Maroc, la matinée du samedi 7 novembre sera marquée par un hommage à plusieurs figures du mouvement, dont le panel reflète la géographie amazighe : Mariem Demnati, Lahcen Oulhaj et Abdellatif Adbib pour le Maroc, Chona del Toro pour les Canaries, Mohand Khacer Ouramdane pour l’Algérie, Raoudha Ben Hania pour la Tunisie, Hamma Ag Mahmoud pour les Touaregs, Mohamed Mahmoud Tolba pour la Mauritanie et Madghis M. Madi pour la Libye.
Les universitaires Mohamed Chtatou et Mimoun Charqi animeront ensuite les conférences inaugurales, modérées par Amina Ibnou-Cheikh, sur les chances concrètes de réussite du projet d’union. Le débat sera ouvert aux observateurs et à la presse.
L’après-midi, réservé aux congressistes, sera consacré aux affaires internes : bilan moral et financier 2022-2026, élection des nouvelles instances et adoption d’une déclaration finale, attendue comme la feuille de route du mouvement pour les années à venir.
Infos pratiques : accueil des participants le vendredi 6 novembre à partir de 17 h à l’hôtel Texuda (boulevard de la Résistance, quartier Océan). Travaux le samedi 7 novembre dès 9 h au Club des avocats, Rabat.