Le drapeau amazigh "transgresse" la dictature algérienne

Rédaction Amazigh 24
25 juin 2019
Drapeau amazigh Alger

17 jeunes Amazighs, parmi eux des médecins, militaires, avocats de professions, seront jugés pour insurrection démocratique.

Dix-sept manifestants amazighs ont été arrêtés et mis sous dépôt en Algérie pour avoir brandi le drapeau de Tamazgha (berbère) lors de la 18ème marche populaire anti-système hebdomadaire du vendredi 21 juin.

Trois autres personnes ont été relâchées, faute de preuves sur la présence d’un drapeau en leur possession au moment de leur interpellation.  

Le chef d’état-major de l’ANP avait interdit tout drapeau amazigh dans les rues « les tentatives d’infiltration des marches populaires, au cours desquelles des drapeaux autres que l’emblème national sont brandis par d’infimes minorités ... des ordres et instructions fermes ont été donnés aux forces de sécurité afin de faire respecter strictement les lois en vigueur et de faire face aux individus qui essayent d’attenter à nouveau aux sentiments des Algériens ».

Les manifestants arrêtés vendredi sont accusés de port d'un drapeau autre que l’emblème national algérien, d’atteinte à l’unité nationale, de "profanation de l’emblème national, et d’incitation à la haine, atteintes aux constantes nationales et d'atteinte au corps constitué".

Le drapeau amazigh représente l'identité de l'ensemble des Amazighs sur tous leurs territoires ancestraux, la Tamazgha. Il est aussi le symbole de l'union de tous les Amazighs. D'un point de vue politique, il exprime la volonté commune de beaucoup d'édifier l'espace des Etats-Unis d'Afrique du Nord.

Pour se maintenir en place, l'Etat postcolonial algérien jacobin, qui se définit dans sa constitution comme exclusivement pays arabo-musulman, débordé et menacé dans ses fondements par la masse populaire, viole une nouvelle fois le droit international en s'attaquant aux autochtones.

Les Amazighs réclament plus de liberté, le respect de leur identité, une meilleure prise en compte de leurs aspirations, dans un respect fraternel avec tous les habitants de l'Afrique du Nord quelles que soient leurs origines.

Ces arrestations démontrent une fois de plus que les Amazighs représentent un obstacle à la volonté hégémonique du pouvoir en place. La présence massive du drapeau berbère à l'intérieur du pays, dans ses médias, court-circuite le discours de propagande nationaliste algérien. Elle met à nu l'inefficacité de la propagande, elle fait voir de manière évidente que 40 ans de tentative de lavage de cerveau n'ont pas suffit, qu'il ne reste plus dans la débâcle du pouvoir que la forme la brute ou la plus lâche de répression.

Liste des détenus sur Kabyle.com

Déclaration du Forsem

L’emblème amazigh symbole de l’unité de la nation.

Pour avoir arboré le 21 juin l’emblème amazigh au cours de la mobilisation citoyenne contre le système et ses symboles, 17 jeunes manifestants ont été arrêtés et placés en détention provisoire sous les chefs d’accusation « d’atteinte à l’unité nationale » et de « port de drapeau autre que l’emblème national ».

Comble du paradoxe, le déploiement de l’emblème amazigh, symbole de l’identité historiquement millénaire de l’Algérie et, plus largement, de toute l’Afrique du Nord, est devenu un délit passible de peine de prison, alors qu’il n’y a aucune disposition pénale qui sanctionne le port d’un drapeau autre que l’emblème national dans un pays où la langue et la culture amazigh sont a fortiori gravées dans le marbre de la constitution.

En donnant des instructions aux forces de l’ordre de retirer l’emblème amazigh et de procéder à l’arrestation des manifestants qui l’arborent, le haut commandement de l’armée a fait preuve d’une attitude condamnable et condamnée par des millions d’Algériens, car juridiquement infondée et politiquement dangereuse.

Décision d’autant plus dangereuse qu’elle émane d’une institution de l’État - le haut commandement de l’armée - qui témoigne d’un racisme d’État à l’égard de l’une des composantes de la société algérienne au moment où tout converge dans les slogans, les déclarations les pancartes, les mots d’ordre… pour faire nation, une et indivisible dans le respect de sa diversité.

Le Forsem dénonce les manœuvres de division, de diversion et de provocation du haut commandement de l’armée qui a mis la justice en coupe réglée. Incapable de trouver une issue à la crise qui secoue le régime politique depuis le 22 février, le haut commandement de l’armée multiple les manœuvres dilatoires.

Le Forsem condamne ces arrestations arbitraires qui jettent le discrédit et la suspicion sur une justice aux ordres au moment où les Algériens pensaient que ces pratiques sont révolues puisque ce sont bien les injustices, la hogra et l’absence d’État de droit et d’indépendance de la justice qui ont poussé les Algériens à se mobiliser depuis quatre mois.

Le Forsem exige la libération immédiate des 17 jeunes arrêtés ainsi que de tous les détenus pour délits d’opinion, et appelle à la mobilisation citoyenne pour réclamer leur relaxe.

Lyon, le 25 juin 2019.

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