Le CMA salue le courage du maire de Montpellier Michaël Delafosse

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a adressé une lettre de remerciements au maire de Montpellier, Michaël Delafosse, suite à l’inauguration d’une rue dédiée à Lounès Matoub le 24 janvier 2026. Dans ce communiqué daté du 10 février 2026, l’organisation salue un geste politique fort en faveur de la mémoire du célèbre chanteur et militant kabyle.

Un hommage sans ambiguïté

Le CMA exprime sa « gratitude chaleureuse » envers l’ensemble du Conseil Municipal de Montpellier pour cette décision symbolique. L’organisation souligne particulièrement les « propos forts et sans ambiguïté » tenus par le maire lors de l’inauguration, qui ont rendu hommage non seulement à l’artiste, mais aussi à son combat pour la langue et la culture kabyle-amazighe.

Lounès Matoub, assassiné le 25 juin 1998, était connu pour son engagement en faveur de la liberté, de la laïcité et des droits humains. Selon le CMA, le maire de Montpellier a courageusement évoqué « l’oppression et la répression exercées sans répit par le pouvoir algérien à l’encontre des Amazighs d’Algérie et des Kabyles en particulier ».

Une solidarité avec les détenus politiques

Dans sa lettre, le CMA salue également l’expression de solidarité du maire envers les femmes et hommes actuellement détenus en Algérie « juste parce qu’ils sont Amazighs, Kabyles, défenseurs de leurs droits et de leur liberté ». L’organisation considère que cet hommage à Lounès Matoub s’étend également à ces « centaines de détenus politiques Amazighs et Kabyles ».

Des valeurs qui ne se marchandent pas

Le CMA met en avant le courage de Michaël Delafosse face aux pressions, louant un élu « pour qui les convictions et les valeurs ne se discutent pas, ne se marchandent pas ». Selon l’organisation, le maire a refusé de céder à ceux qui tentent de « tuer Lounès Matoub par l’indifférence et l’oubli ».

Une réserve sur la plaque commémorative

Malgré cet hommage appuyé, le CMA émet une légère réserve concernant la plaque commémorative. L’organisation aurait souhaité que l’identité amazigh-kabyle de Lounès Matoub y soit explicitement mentionnée. Le communiqué souligne l’importance de cette précision dans un contexte où « le mot ‘Kabyle’ tend à être interdit, même en Kabylie, avec l’intention claire du pouvoir algérien d’effacer l’existence même du peuple kabyle ».

Toutefois, cette remarque n’enlève rien, selon le CMA, à « la grandeur du geste » et à la « profonde reconnaissance » de l’organisation envers le maire et son conseil municipal.

Cette initiative de Montpellier s’inscrit dans une série d’hommages rendus à Lounès Matoub en France, où l’artiste demeure une figure emblématique de la résistance culturelle et de la lutte pour les libertés fondamentales.

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