Hommage à Massinissa : notre héritage amazigh, notre chemin spirituel

Ce texte est une expression personnelle et identitaire. Il n’a pas vocation à juger les croyances d’autrui, ni à établir une vérité historique universelle.

En ce 12 août, nous choisissons de dédier cette journée à la mémoire de Massinissa, le grand roi numide qui, au 2ème siècle avant notre ère, a unifié les tribus amazighes et résisté à l’hégémonie carthaginoise.

Massinissa était un homme de son temps, attaché à la terre, à l’agriculture et aux divinités célestes. Lorsqu’il accueillit le général romain Scipion, il s’adressa au Soleil et aux puissances du ciel, dans la langue de ses ancêtres. Son lien spirituel était celui d’un peuple paysan, enraciné dans la nature et dans le cycle des saisons.

Nous, Kabyles et Amazighs d’aujourd’hui, nous reconnaissons dans cet héritage une sensibilité qui nous est propre. Notre identité n’est pas arabe, elle est amazighe (berbère), avec une langue, une culture et une mémoire qui précèdent de loin les conquêtes et les conversions. C’est un fait historique que personne ne peut contester.

Notre choix personnel est de ne pas célébrer l’Aïd. Non par hostilité envers qui que ce soit, mais parce que nous ne nous retrouvons pas dans le geste du sacrifice animal. Nous préférons honorer la vie, les enfants et la terre, dans la continuité de ce que nous croyons être l’esprit agraire et solaire de Massinissa.

Certains historiens antiques ont rapporté que Carthage pratiquait des sacrifices d’enfants. Cette question reste débattue parmi les archéologues aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est que Massinissa a combattu Carthage pour des raisons politiques et militaires, dans le contexte des guerres puniques. Il n’a pas connu les religions monothéistes, qui sont apparues bien après lui.

Nous ne cherchons pas à imposer notre vision. Nous affirmons simplement que notre lien au sacré est différent. Il est solaire, agraire, africain. Il ne passe pas par le couteau ni par le sang. Il passe par le respect du vivant et des cycles naturels.

En ces temps où les identités sont souvent brouillées, nous rappelons avec fierté : nous sommes Amazighs. Nous ne sommes pas Arabes. Et nous assumons notre chemin spirituel, sans agressivité, mais avec la dignité de nos ancêtres.

Que le Soleil éclaire notre mémoire et notre avenir.

Nadia T.

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