Le Congrès Mondial Amazigh apporte son soutien aux mères des détenus Rifains

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a publié une déclaration dans laquelle il exprime sa pleine solidarité avec les mères de plusieurs détenus rifains, dont celle de Nasser Zefzafi, figure du mouvement populaire du Rif emprisonné depuis 2017. Ces dernières ont multiplié ces derniers jours les appels publics aux autorités marocaines pour obtenir la libération de leurs enfants.

Un nouvel appel des familles

Les mères de plusieurs détenus rifains, dont Zoulikha Ziach, mère de Nasser Zefzafi, ont pris la parole publiquement pour demander la fin de ce qu’elles décrivent comme des années d’angoisse et de souffrance, et réclamer la libération de leurs enfants, incarcérés depuis les manifestations de 2016-2017 dans la région du Rif. Cette mobilisation des familles s’inscrit dans un contexte de regain d’intérêt pour le dossier des prisonniers du Hirak, plusieurs campagnes de solidarité ayant refait surface ces derniers mois pour tenter de remettre le sujet au centre du débat public marocain.

Dans son communiqué, le CMA salue « le courage et la dignité de ces mères » et annonce soutenir « fermement et sans réserve » leur appel à la libération de leurs enfants, tout en leur exprimant sa « pleine solidarité ».

Rappel des faits selon le CMA

Le Congrès Mondial Amazigh rappelle que les détenus concernés ont été arrêtés pour leur participation aux manifestations populaires qui se sont déroulées en 2016 et 2017 dans la région du Rif, dans le nord du Maroc — un mouvement de contestation né dans le sillage de la mort du vendeur de poisson Mohcine Fikri, écrasé dans une benne à ordures à Al Hoceïma fin octobre 2016.

Selon l’organisation, plusieurs centaines de manifestants auraient été arrêtés et condamnés à l’issue de procès qu’elle juge inéquitables, certains écopant de peines allant jusqu’à vingt ans de prison. Les tribunaux marocains ont effectivement prononcé, en 2018 puis en appel, de lourdes condamnations à l’encontre de plusieurs figures du mouvement, dont Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Samir Ighid et Wassim Boustati, tous condamnés à vingt ans de détention pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État.

Le CMA affirme n’avoir « jamais cessé de dénoncer » cette incarcération, qu’il qualifie d’abusive, et de réclamer la libération inconditionnelle de Nasser Zefzafi et de ses codétenus. L’organisation les considère comme des « détenus politiques », estimant que les motifs réels de leur condamnation ne reposent pas sur des infractions caractérisées mais sur des considérations politiques non assumées, notamment les références faites pendant le mouvement à la figure historique d’Abdelkrim El Khattabi, leader de la République du Rif dans les années 1920.

Des accusations de discrimination anti-amazighe

Le CMA va plus loin en dénonçant ce qu’il qualifie de « pratiques racistes anti-amazighes », les jugeant incompatibles avec les ambitions démocratiques affichées par le Maroc. L’organisation exige la libération « sans délai » des détenus rifains ainsi que leur indemnisation pour les préjudices matériels, psychologiques et moraux subis, pour eux-mêmes et par leurs familles.

Le CMA appelle enfin le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) marocain, ainsi que les organisations de défense des droits humains actives dans le pays, à se mobiliser plus fermement pour obtenir la libération des prisonniers politiques rifains.

Un dossier toujours sensible

Près de neuf ans après le déclenchement du Hirak du Rif, le sort des derniers détenus continue de mobiliser militants, associations et familles, malgré plusieurs grâces royales partielles accordées au fil des années. La question reste régulièrement relancée par des campagnes de solidarité, notamment portées par les proches des détenus, qui continuent de réclamer une résolution politique du dossier.

Source : Communiqué du Bureau du Congrès Mondial Amazigh, Paris.

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