Comment juger de la fiabilité d'un site amazigh ?

Publié par Stéphane ARRAMI le ven 02/11/2018 - 08:10
Taghmsa Presse - Photocomposition Stéphane Arrami

Nous vous donnons quelques conseils pour ne pas vous laisser abuser par des sites prétendus sérieux, des sites "amazighs" qui peuvent de prime abord vous sembler professionnels, convaincants.

1. Vérifiez le vocabulaire du site en question

Pouvez-vous y lire des mots frondeurs comme "Azawad", "Imider", "Assemblée Mondiale Amazigh", "République du Rif", "Mzab".

L'union, la convergence, l'enjoignement au soutien, la tiwizi  (l'entraide solidaire) font-ils partie de son vocabulaire?

Emploie-t-il des termes respectueux des Amazighs, nomme-t-il correctement les toponymes : amazigh plutôt que berbère, Tamazgha plutôt que Maghreb (mot colonialiste) ...?

Fait-il l'objection d'amazighité à l'un de ses peuples?

Posez-vous les bonnes questions en consultant un site Web, interrogez-vous sur sa nature profonde, ses intentions, son univers sémantique.

2. Consultez la page à propos du site, pouvez-vous dans ce cas savoir qui est derrière le site ?

Si le site est hébergé dans un pays d'un régime nord-africain vos données seront plus facilement accessibles et exploitées par les gouvernements. En attendant la validation extensions de noms de domaine .tmz .kab,... nous recommandons d'enregistrer vos noms sous les extensions .bzh , .cat. (nécessité de contenu en catalan), .hr (1 an de résidence en Europe Croatie Hrvatska) ou .il ouvert à tous.

Le nom du propriétaire, responsable de publication devrait figurer dans les mentions légales. Un site média est dans l'obligation de posséder une personnalité juridique (association, entreprise, ONG, collectifs de bloggeurs, pure-players, web-radios, journalistes-citoyens...).

Le site dispose-t-il d'un compte bancaire au nom de la structure ou pratique-t-il des encaissements non déclarés, de la publicité déguisée (testez-les).

3. Sur quelles sources s'appuie le site ?

Les sources sont-elles mentionnées ? Les auteurs ont-ils envoyé les articles au site ou s'agit-il de reprises -auquel cas faites une recherche avec le titre de l'article sur un moteur de recherche- pour vérifier les duplications de contenu (SiteLiner, Copyscape,...).

Les équipes à mobiliser, les responsabilités au sein du média sont-elles établies (archiviste, photographe, secrétaire de rédaction...).

Le site en question est-il indépendant de tout mouvement politique ou religieux?

4. Pouvez-vous faire une distinction entre les rubriques factuelles et celles d’opinion ?

Les articles rédigés par la rédaction sont dans ce cas clairement identifiables, les contributions et opinions mentionnées comme telles.

Si les contributeurs sont identifiables, les noms des journalistes sont anonymisés en Afrique du Nord pour protéger leur intégrité physique (arrestations, emprisonnement des journalistes, bloggeurs, procès en diffamation sans motif valable et contestable au droit international comme se fut le cas pour un correspondant de Kabyle.com Rabah Benamghar condamné à 2 mois de prison et 50.000 dinars d'amende le pouvoir algérien cherchant à écraser le site kabyle le plus incisif du Web).

5. Le site en question valorise-t-il les personnes appropriées ?

Vérifiez les propos qu'ils tiennent sur des militants incontournables, engagés et sincères du mouvement amazigh tels que Ahmed Assid, Myriam Demnati, Ali Khadaoui, Rachid Raha, Ferhat Mehenni, Yella Houha, Salah Abbouna, Khodir Sekkouti, Fathi Benkhalifa ... Le site que vous visitez s'attaque-t'il à l'un d'entre-eux, son discours cherche-t-il à porter atteinte à leur honneur ?

Le site que vous consultez est-il discriminant vis à vis des enfants de couples mixtes ou amazighs françisés, arabisés, espagnolisés en quête de leurs racines, sectaire pour asseoir son emprise, pour tenter de les impressionner ?

Vérifiez encore les signaux utilisateurs, les plagieurs même si Google fait encore remonter leurs contenus négatifs ou ceux qui profitent d'une exposition média par des techniques abusives virales de newsjacking, utilisent exclusivement des procédés de rewriting (reécriture des contenus produits à  la source par des agences et journalistes de presse) principale préoccupation des créateurs de contenus Web (malheureusement une très forte proportion des contenus du web aujourd'hui).

6. Quelle analyse pouvez-vous faire du traitement éditorial ?

Utilisez le moteur de recherche interne du site visé et tentez de décrypter les codes, le langage employé notamment en ce qui concerne les despotes nord-africains, cherche-t-il à faire bouger les choses avec détermination et durabilité ?

Le média a-t-il mis en place des actions formatives à l'utilisation de la vidéo mobile, des podcasts audio, data visualisation, l'utilisation des réseaux sociaux, du référencement web (liens de sites sur des thématiques connexes,...) ?

Amazigh 24 s'allie à l'Assemblée Mondiale Amazighe qui participe aujourd'hui au Projet MédiaLab francophone lequel appuie la production de contenus numériques pour des projets éditoriaux innovants vers les moins de 15 ans, les étudiants, les jeunes professionnels, ainsi que les communautés d'affaires. L'Algérie, le Maroc et la Tunisie comptent 85% de francophones. Au Liban 40% de la population est considérée comme francophone. La qualité de l'écriture, les erreurs d'accord, de syntaxe, les liens proposés, image légendée avec source mentionnée, sont autant d'éléments qui font partie de votre grille de lecture.

Stéphane ARRAMI

Formateur Communication Digitale, Directeur de publication

Rubrique
French