Tanger : un Rifain torturé en commissariat pour avoir parlé sa langue maternelle amazighe
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Les violences policières continuent de cibler les citoyens qui revendiquent leurs droits linguistiques. À Tanger, Jouad Oufkir, Rifain, a été menotté, battu et humilié pendant plus de deux heures. Son seul « crime » : avoir exigé de rédiger un rapport en tamazight, langue pourtant officielle au Maroc.
Déclaration de Jouad Oufkir, Rifain résidant à Tanger
« J’ai été victime de violences policières simplement parce que j’ai voulu m’exprimer dans ma langue maternelle, l’amazigh.
Dans les locaux du commissariat du 2ᵉ arrondissement de Tanger, un policier, que j’ai entendu être appelé Rachid Benftah, m’a menotté à une chaise, roué de coups, insulté moi et ma mère, puis plaqué au sol jusqu’à ce que mes ongles se cassent. Il a même tenté d’éteindre une cigarette dans mes yeux. Pendant plus de deux heures, j’ai subi coups, humiliations et injures contre les Rifains et contre la langue amazighe.
Mon seul "crime" : avoir demandé de parler en tamazight pour pouvoir m’exprimer sereinement lors de la rédaction d’un rapport concernant un différend avec un client.
Tout cela dans un pays où la Constitution reconnaît pourtant l’amazigh comme langue officielle.
Je dénonce ces traitements inhumains et dégradants, infligés uniquement parce que j’ai revendiqué le droit élémentaire de parler ma langue. »
— Jouad Oufkir, Rifain résidant à Tanger
source : Mohand Nait Tirelli