Rapport sur les arrestations et les détentions arbitraires des Mzabs en Algérie

Publié par Salah ABBOUNA le lun 21/11/2016 - 17:01

1- Arrestations et détentions arbitraires du Mozabites :

Les forces de l'ordre de l'État Algérien ont procédé à l’arrestation arbitraire de citoyens mozabites,  en violation des principes des droits de l’homme. Les autorités judiciaires émettent des mandats d'arrêt et des poursuites judiciaires contre les Mozabites sur une simple dénonciation, et cela sans preuves réelles. Ces pratiques témoignent d'un abus de pouvoir et dévoilent une autre facette des discriminations « raciales » contre les Mozabites.

Les mêmes autorités judiciaires émettent également des mandats d'arrêt et des poursuites contre tout mozabite ayant filmé ou photographié des scènes violentes ou ayant diffusé sur internet des vidéos ou des photographies des répressions et attaques contre les populations. Parmi ces internautes mozabites arrêtés et poursuivis :

le Dr Kameleddine Fekhar , Médecin et militant des droits de l'homme ainsi que de la cause mozabite amazighe, président du Mouvement pour l’Autonomie du M’zab été arrêté arbitrairement ainsi qu’une trentaine de ses compagnons le 9 juillet 2015 au soir, par une brigade mixte de la police et de la gendarmerie Algérienne. Cela s’est passé dans un quartier mozabite de la cité de Ghardaïa. L’arrestation à été effectuée après une réunion du président de la république Bouteflika et le  chef de gouvernement  du premier ministre, du chef d’état-majour et le conseiller de la présidence.

La mise en détention de Kameleddine Fekhar et de ses compagnons s’est faite en  violation des lois algériennes en vigueur ainsi que des traités internationaux des Droits de l’Homme que l’Algérie a ratifiés. Il est important de signaler que ces Droits de l’Homme sont être garantis par l’article 32 de La Constitution algérienne; les articles 3, 5, 7, 8, 9, 10, 19 et 20 de La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme; les articles 1, 7, 9, 10, 19, 21 et 26 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques; les articles 2, 3, 4, 5, 6, 10 et 11 de La Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples; et enfin, les articles 1, 2, 7, 37, 40, 42, et 44 de La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.
Rappelons que l’ensemble des textes internationaux cités ci-dessus n’ont pas été respectés en matière de présomption d’innocence, de délai de garde à vue, du droit d’être défendu et représenté par un avocat dès l’arrestation, du droit de recevoir la visite des proches ou en matière de conditions de détention.


Le Dr Kameleddine Fekhar est arrêté et mis en détention par les autorités Algériennes pour motif de « subversion », « atteinte à corps constitué », « atteinte à la sureté nationale »,  « constitution d'une association de malfaiteurs », et bien d'autres motifs lourds de conséquences. Ces chefs d’accusation ont été relayés par bon nombre de médias sous contrôle des autorités Algériennes. En réalité, on reproche au Dr Fekhar d'avoir alerté l’opinion nationale et internationale sur le drame qui se déroule à Ghardaïa depuis deux ans. Il lui est également reproché d'appeler à l'ingérence internationale pour avoir demander à l’ONU de mettre la région du Mzab sous protection internationale. Ces interpellations de l’opinion et des instances internationales sont intervenues après une recrudescence de ces violences dans le M’Zab. Rappelons qu’il y a eu plusieurs fatwas (prêches) appelant aux meurtres des Mozabites, que les responsables de ces appels aux crimes et aux saccages ainsi que leurs complices sont libres et nullement inquiétés.


Liste des détenus avec Dr FEKHAR :

SOUFGHALEM Kacem,   SOUFGHALEM Bakir,   FEKHAR Said,      BOUROUROU Aissa,   TEBBAKH Aissa,    CHEKABKAB Aissa, CHEKABKAB Mohammed,     OUYABBA Mustapha,           OUYABBA Brahim,   OUIRRO Yakoub,   OUIRRO Aissa,  BOULANACHE Said,  MAARAD Aissa,  TEBBAKH Moussa,  BABAOUAYOUB Salah, BABAOUAYOUB Abderrahmane, NACERI  Mohammed,              MOUSSA OUALI Bahmed,          HAJ SAID Selimane,   Gomghar Sofiane,   HAJ SAID Nacer, ADDAOUD  Selimane,          BEN YAAKOUB  Hammou,  CHEKABKAB Selimane,      SERIA Brahim.     

Nacereddine Hadjadj, ingénieur architecte et militant pacifiste, a été victime de complot, arrêté et placé en garde à vue de  72 heures en mai 2014  pour « tentative de meurtre » alors qu’il était loin des lieux des affrontements. Il est incarcéré pour une deuxième fois le 25 juillet 2015 dans des conditions inhumaines dans la prison de Ghardaïa et  a observé une grève de la faim de 26 jours.
Kerrouchi Noureddine est  militant RCD et fonctionnaire à la Wilaya (direction de la culture) de Ghardaïa. Envoyé en mission à la Daira (sous-préfecture) de Berriane, il fut arrêté par deux agents de police à la sortie d’une réunion sans être convoqué. Son arrestation constitue une violation de la loi étant donné qu’il a été mis en mandat de dépôt pour des faits non déterminés. Les chefs d'accusation sont « incitation à la haine » et « attroupement armé et non armé ». On lui reproche aussi d'être ami avec Nacereddine Hadjadj et Fekhar Kameleddine.  

Ben Abdallah Abdalla mozabite de Berriane militant de Mouvement pour l’Autonomie du Mzab , arrêté arbitrairement le 24-10-2015 .

Noreddine KHEBITI militant du parti Front des forces socialiste féderation de Ghardaia arréte le 15/06/2015 .

Smail ABBOUNA jeune mozabite 20 ans arrêté le 01/12/2015 lors de la recherche de la police de son frère activiste (Salah Abbouna , militants du Mouvement pour l’Autonomie du M’zab)  dans leurs maison.

Bakir El ALALOUANI activiste mozabite 31 ans arrêté le 13/12/2015 a cause de son défense pour la sauvegarde  des terres de tribu At Alouane at M’zab.   

Brahim ABBOUNA ,58 ans marée a 08 enfants , Membre fondateur de Mouvement pour l’Autonomie du Mzab ( MAM ) ; membre de Fondation TIFAWT , membre de la ligue algerien des droits de l’homme ghardaia.
Arrêté arbitrairement  le 25-07-2016 après 12 mois de l’arrestation du Dr Fekhar et ses compagnons.   

Chikh Ami Brahim FEKHAR ,52 ans marée a 07 enfants , Membre fondateur de Mouvement pour l’Autonomie du Mzab ( MAM ) ; membre de Fondation TIFAWT , membre de la ligue algerien des droits de l’homme ghardaia.
Arrêté arbitrairement  le 25-07-2016 après 12 mois de l’arrestation du Dr Fekhar et ses compagnons.

Omar BOUHDIBA, membre de la ligue algerien des droits de l’homme ghardaia Arrêté arbitrairement  le 25-07-2016

Ahmed DADDIBABA, membre de la ligue algerien des droits de l’homme ghardaia Arrêté arbitrairement  le 25-07-2016

MOHAMED BABA NADJAR, originaire de Ghardaïa, né le 4 janvier 1984, avait 21 ans lors de l’agression et de l’assassinat en octobre 2005 de Brahim Bazine, membre de la section locale du Croissant Rouge et ancien militant du FFS.
Sans aucune preuve, Mohamed Baba-Nadjar a été accusé d’avoir perpétré ce meurtre et condamné à mort le 6 juin 2006. Depuis ce jour-là, il est incarcéré à la maison d’arrêt de Ghardaïa où il a été victime de tortures. Son procès en appel devait avoir lieu samedi 03 janvier 200. Il a été reporté pour une deuxième fois et aucune nouvelle date n'a été fixée.

Le procureur général avait fait le 23 décembre 2008 une demande à la Cour Suprême, de reporter le procès sans faire appel à la juridiction de Ghardaïa, pour « raisons de sécurité ». La population de Ghardaïa s’est  mobilisée dans cette affaire. En signe de solidarité, le jour du procès, une grève générale des commerçants a été organisée  le 3 janvier 2008 et un comité de soutien de Mohamed Baba Nadjar a été constitué pour exiger un procès équitable.

2- Détenus mozabites décédés en prison :

Baouchi AFFARI de Berriane, né le 26 mai 1942, est diplômé de l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier et de l’Institut de Droit et de Sciences Economiques de Montpellier. Il a travaillé à la cour des comptes avant de s'installer aux Etats-Unies d’Amériques. À Boulder, il est élu président  de l’assemblé populaire communale de Berriane en 2012. Connu pour son franc-parler et son charisme, sa voix dérange. Il a  été arrêté et jugé pour des faits qu’il a toujours niés. Condamné à 5 ans de prison ferme, il  n’en revient pas. Il a été victime d’une grave dépression nerveuse faute de prise en charge médicale. Il devait être transféré en urgence vers une structure spécialisée. Transféré une première fois vers la prison de Ghardaïa où il a été très mal traité notamment par certains gardiens qui l'on tabassé en lui assenant des coups de pieds au ventre et au visage parce qu’il n'était pas d'accord avec la façon dont on lui rasait le visage. Après avoir passé un mois à Ghardaïa, il a été transféré une seconde fois vers la prison de Laghouat où il mourra un mois après dans des conditions mystérieuses.

BEN CHIKH Aissa a été arrêté chez lui avec un de ses enfants et d’autres membres de sa famille juste après les massacres de Guerrara qui ont provoqué la mort sur place de 16 Mozabites et plus de 400 blessés. Agriculteur âgé de 69 ans, il fut victime d’une dépression nerveuse à cause des mauvais traitements qu’il a subis de la part des gardiens de la prison de Ghardaïa. Ayant subi des traitements violents, il a été transféré à l’hôpital de Ghardaïa dans un état d'inconscience. Placé au service de la médecine interne pendant plusieurs jours et privé de visites des membres de sa famille sauf autorisation du juge d’instruction pour quelques minutes, il est décédé 11 jours après son admission à l’hôpital de Ghardaïa. Son corps a subi une autopsie suite à l’insistance de l’un de ces fils, mais le rapport final n’est toujours pas remis à sa famille pour des considérations bureaucratiques.

GUEDDOUH Salah , 80 ans de Ghardaia condamné à sept ans de prison ferme dans une affaire fabriqué par la mafia de l'immobilier à Ghardaia contre Mr Gueddouh , il est décédé dans en prison après 07 mois de prison dans des conditions inhumaines.  

On compte plus de 100 détenus mozabites dans les prisons qui ont été arrêtés arbitrairement.
     
Fait par : SALAH ABBOUNA
Représentant du Mouvement pour l’Autonomie du M’zab
 

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