Maroc : des militants amazighs soutiennent la Génération 212
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Des militants du Mouvement amazigh au Maroc ont publié un communiqué de soutien aux jeunes de la “Génération 212” (GENZ212), à l’origine des récentes manifestations qui ont secoué plusieurs villes et villages du royaume. Ces mobilisations, nées sur fond de précarité, de chômage et d’inégalités sociales, ont été réprimées avec brutalité par les forces de l’ordre, selon de nombreux témoignages relayés sur les réseaux sociaux.
Dans leur texte, signé notamment par Hamid Lihi, Mbarek Taous, Lho Badri, Lahcen Kabba, Ali Harcherras, Hassan Aaoid, Yassir ben Heri et Mohamed Oukhtich, les militants amazighs affirment suivre « avec intérêt et beaucoup d’attention les événements qui secouent depuis quelques jours nombre de villes et de villages à travers tout le pays ». Ils dénoncent les interventions “brutales et injustifiées” contre des manifestants pacifiques, et accusent certains “éléments subversifs” d’avoir infiltré les cortèges pour semer le désordre.
« Nous soutenons les jeunes de la GENZ212 dans leurs revendications justes et légitimes », peut-on lire dans le communiqué, qui condamne « avec force tout acte de violence d’où qu’il vienne ».
Les signataires appellent également les militants du Mouvement amazigh à se joindre aux revendications pacifiques portées par la jeunesse, et exigent la libération immédiate des détenus de la GENZ212, ainsi que des prisonniers du Hirak du Rif et de tous les détenus d’opinion.
Le texte se conclut par un triple appel :
« Pour la liberté ! Pour la dignité ! Pour la justice ! »
Une jeunesse en quête de reconnaissance et de changement
Le mouvement “Génération 212”, qui tire son nom de l’indicatif téléphonique international du Maroc, symbolise une jeunesse urbaine et connectée, désillusionnée par la lenteur des réformes et le manque de perspectives économiques. Ses revendications, d’abord sociales et économiques, s’étendent désormais à la liberté d’expression et à la fin de la marginalisation régionale.
Les militants amazighs, historiquement engagés pour la reconnaissance culturelle, linguistique et politique des peuples autochtones du Maroc, voient dans ce mouvement une continuité du combat pour la dignité et l’égalité. Pour eux, le sort de la jeunesse marocaine et celui des régions amazighes sont intimement liés : mêmes difficultés, mêmes aspirations à une société plus juste et inclusive.
Un appel à l’unité et à la responsabilité
En rappelant que la lutte doit rester pacifique et fondée sur les droits humains, le communiqué insiste sur la responsabilité morale et politique des autorités. La répression, préviennent les signataires, ne fera qu’attiser la colère et la défiance d’une génération déjà en rupture avec les élites.
Ce texte marque une prise de position importante du Mouvement amazigh dans la crise sociale actuelle. Il réaffirme la convergence entre les luttes sociales, démocratiques et identitaires au Maroc, en plaçant au cœur du débat la devise qui résume aujourd’hui l’attente de toute une génération :
Liberté, dignité, justice.