Les Amazighs : un peuple maudit ?

Publié par Benamghar Rabah le jeu 15/12/2011 - 09:55

Pour essayer de comprendre une situation donnée, il faut l’aborder par des questions pertinentes et sans complexes. Ne jamais éluder une question qui fâche pour le plaisir de ne pas lui apporter de réponses. Les sujets qui indisposent sont les plus constructifs du debat.

A ce sujet, aborder le sujet des amazighs ou berbères c’est selon, doit attirer toutes les attentions voulues pour cerner les contours de leurs situations actuelles. Il faut surtout un voyage sans complaisance dans le passé de ce peuple qu’on désigne dans une omerta injustifiée comme infréquentable. A part quelques téméraires parmi ses composantes, personne n’aime vraiment aborder le sujet des berbères. Il y a même ceux qui font fi de leurs existences comme pour mieux éviter de réparer une injustice plusieurs fois millénaire. De l’extérieur et au jour où nous sommes, les alliés de l’Afrique du nord se complaisent dans un dédain criminel envers les habitants d’origine de cette contrée du monde. C’est peut être dans le cas des européens un geste de solidarité envers les colonisateurs actuels (les arabo-islamistes), eux qui étaient les « charcuteurs » indétrônables de la cohésion sociétale de ce riche territoire. La France pour ne citer que ce pays, a été celui qui a osé changer les toponymies, de ville et de région en leurs donnant une consonance arabe. La France savait par la grâce d’anthropologues et d’historiens-conseillers qu’en coupant un peuple de ses origines, on diminue les forces du peuples aux sursauts combattifs. L’aliénation amènera le reniement de soi pour éviter la disparition. Ils ont maintes fois visité le vaste continent africain pour s’octroyer de force ses richesses naturelles  abondantes. Jusqu’à un passé très récents les colons européens pillaient sans relâches les sols et les sous-sols avec une avidité sans pareil. L’archaïsme des peuples autochtones et la fermeture de leurs biotopes à l’industrialisation du nord ont fait d’eux des sujets vulnérables et corvéables à outrance. Des éléments extérieurs ont toujours interrompu le cheminement  constructif de tamazgha en procédant à des anachronismes pour flouer les bâtisseurs amazighs. C’est  vrais  qu’il y a eu des parenthèses d’édification de royaumes prospères à l’image de celui de Massinissa, Jugurtha et autres mais ils ont été vite dévastés et vandalisés par d’autres invasions.

Mais pourquoi donc les amazighs n’ont jamais valorisé leur langue tifinagh ? Mais pourquoi les amazighs n’ont jamais rapporté leur histoire et leur « civilisation » par eux-mêmes ? sans SALLUSTE , on aurait rien su de la guerre de Jugurtha.

Avec l’arrivée, dans un engrenage alternatif, de conquérants dévastateurs ne laissant presque jamais le temps à la reconstitution des forces, les amazighs ont fini par accepter la mort dans l’âme la présence de civilisations autres que la leur dans leur vie sociale. Quand la présence d’un invité s’éternise chez vous, ou bien vous le chassez ou bien vous acceptez ses humeurs. Et l’invité « providentiel » venu d’Arabie avait l’obligation implicite de s’y installer durablement dés le début et avec force s’il le faut. .Et sur les cadavres de beaucoup de morts et sur les cendres de feux criminels et, et…..Les richesses naturelles passent au second plan pour céder la place à la propagation de la doctrine arabo-islamique par la force de l’épée (bessif). Les scrupules, les états d’âmes  et  les bons procédés passent au second plan.

C’est alors que le maitre de la maison cède la gestion de la cité à l’invité et s’éclipse dans un coin loin des regards. Des coups après des coups et l’acceptation dans le reniement arriva. Par lâcheté ou pour un salut salvateur, des sommités intellectuelles ont prospéré dans le sillage des civilisations colonisatrices en acceptant le reniement de la civilisation intrinsèques. Ils ont accepté de brader leur outil linguistique (tifinagh) en excellant avec la langue du plus fort. Quand aux couches populaires pauvres, les massifs montagneux étaient le sel salut. Ils abandonnent les plaines pour apprivoiser les reliefs austères et accidentés.

Dans le cas de l’islam, les convertis amazighs sont devenus des défenseurs zélés et acharnés de la civilisation arabo-musulmane jusqu’à la propager jusqu'à l’Europe occidentale, chose que n’ont pas réussi les musulmans avant eux. TARIK BEN ZIAD en est la preuve irréfutable. A la tête de milliers d’amazighs, il a conquit l’Andalousie et frappé aux portes de Poitier. Par la suite les berbères marabouts sont devenus de véritables laudateurs de l’arabo-islamisme en acceptant l’idée de la sacro-sainteté du binôme islam-arabe. Jusqu’au jour d’aujourd’hui beaucoup d’amazighs se résignent à la sentence : nous sommes amazighs arabisés par l’islam. Pourquoi les amazighes  n’ont jamais associé leurs conquêtes, leurs mérites à leur appartenance ethniques et linguistiques ? Ils ont conquis  l’Andalousie en tant qu’arabo-musulmans, eux qui étaient majoritairement amazighs. Ils ont combattu la France en tant qu’arabe. Pourquoi donc toute cette gêne à être soi. Peut-être est-ce du au greffage, au fil du temps, de beaucoup de boutures étrangères à la racine. On rapporte que feu MOULOUD Mammeri avait conseillé à KRIM BELKACEM de remettre la question identitaire sur la table au niveau de l’état major, aux environs de 1957 (pendant la guerre de libération contre l’occupant français) et à celui-ci de répliquer  naïvement : « crois-tu sincèrement qu’il y a quelqu’un qui peut nous enlever notre langue une fois l’indépendance venue ? » les amazighs se fondent volontairement dans un ensemble (se croient-ils obliger ?) même au détriment de composants de leur identité.

Récemment  en Libye, les amazighs ont eu le vent en poupe pendant la révolution qui a précédé la chute de Kadhafi. Ils ont été les fers de lance de la protestation citoyenne et beaucoup d’entre eux ont payé de leur vie la bravoure légendaire dont ils sont imprégnés. Et avec la chute de Kadhafi, les choses semblent aller à contrario de ce qui était prévu. Les arabo-islamistes s’imposent au sommet de l’état post Kadhafi.  A l’image de Hannibal battant retraite au porte de Rome qui était pourtant à porter de main, les amazighs de Libye et de Tunisie s’éclipsent et abandonnent la butin ( le pouvoir et la liberté)  à leur anciens bourreaux. J’ose espérer le contraire.

Tout le monde sait que les amazighes sont le(s) peuple(s) de l’Afrique du nord qui s’étend de la mer méditerranée jusqu’ au fin fond du désert sahélien. En tous cas, personne ne peut donner la preuve de l’existence d’une civilisation avant celle des amazighs. Depuis l’aube des temps, cet espace géographique vaste comme l’Europe n’a cessé de recevoir visites et intrusions des autres civilisations limitrophes sans discontinuation causant à chaque fois une rupture atavique entre la terre et les peuples autochtones (la relation terre et sang est contrariée) et c’est tout naturellement que le tissu civilisationnel se trouve embourbé dans l’alambic enchevêtré imposé par les arrivées  successives de conquérants  avec langues et religions comme outils d’assimilation. Le cours de ces peuples n’a jamais vécu (ou presque) une longue période de calme et de prospérité.  Quand un conquérant extérieur ne sonne pas à la porte c’est une guerre fratricide qui éclate.

Si nous faisons cette introduction  ô combien accusatrice et réductrice de mérites, c’est surtout pour essayer de comprendre la soumission ou la désertion  des amazighs. Aujourd’hui les amazighs ne peuvent  se prévaloir d’être  des défenseurs de leurs existence. Ils ont réussi avec les temps qui passent à n’être que des citoyens  solubles dans n’ importe quelle société à part la leur.  Fuir et puis fuir : le leitmotiv de jeunes kabyles déçus ou pas du sort que leur réserve la vie sans jamais se demander leurs part de responsabilité dans tout cela. Ils se donnent volontairement ou involontairement le titre de sous hommes par masochisme avéré. Combien de fois n’a-t-on pas entendu les amazighs se dire : ma mère et mon père sont amazighs mais moi que voulez-vous je suis arabe. Les algérois d’origines amazighs l’utilisent souvent pour s’excuser ou refuser d’affronter le regard d’autres algérois arabophones protégés par le ministère de l’intérieur « et de la langue arabe ».

Si pour beaucoup de citoyens du continent africain, l’immigration est la seule voix de salut qui reste face au chômage et la mal vie engendrés par la corruption qui range l’élite post-colonialisme pour les amazighs par contre, partent juste pour partir quitte à se renier. Combien de fois n’a-t-on pas entendu des Kabyles se comparer à une certaine espèce pour se déprécier et justifier le manque d’entente entre eux. Jadis pourtant, la société berbère est connue pour son mode de gestion des affaires de la communauté basé sur l’entraide et la solidarité. L’exemple de tajma3t et tiwizi en sont les principaux indicateurs. A la place des individus, ce sont les collectivités qui prenaient les décisions.

Ce sont pourtant les élites actuelles qui n’ont pas su perpétuer les éléments basiques transmis par les aïeux.

Et puis ceux qui disent à quoi bon défendre l’amazighité ? Elle ne fait pas « manger » le pain. Dans ce monde de consommation insatiable, tout est réduit au tube digestif ! Que vont te donner SAID SADI ET AIT AHMED ? Va avec les plus forts conseillent des parents à leurs petits enfants. Regardez un tel ou tel ministre, puisqu’ il maitrise arabe et français il se retrouve dans la cour des grands. C’est donc tout naturellement que nos gosses rejettent leur langue qu’ils trouvent à leurs yeux, incapable de les hisser au sommet de la hiérarchie.

N- a-t-on pas vu des parents venir réclamer la suppression des heures de tamazight à l école et ce à Tizi Ouzou même, au motif que les programmes scolaires sont trop chargés. Cela s’est passé récemment à Tigzirt ; des élèves ont fait grève pour qu’on leur retire tamazight du programme. Ironie du sort ! Beaucoup d’hommes et de femmes sont mort pour cette langue plusieurs fois millénaire.

D’illustres militants de la cause se retourneraient dans leurs tombes à l’image de feu Mouloud Mammeri .

Les amazighes qui reviennent au pays pour des vacances bombent le torse quant ils parlent aux enfants dans la langue de Molière ou de Shakespeare.

Pour se relever et se faire respecter, l’amazigh doit apprendre à se regarder en tant que tel. Il doit s’accepter et non se présenter avec de faux-fuyants ou des raccourcis. Il doit montrer son vrai visage et non son avatar. L’automutilation identitaire mène droit à l’extinction d’une race. Les Aztèques et les Incas n’ont peut-être pas été avisés, quant à nous……..il faut juste croire qu’une langue et une culture ayant survécu à environs trente siècles ne mourront pas de sitôt.

Pour un imminent économiste du 21eme siècle, pour que le citoyen d’aujourd’hui soit rentable pour la société, il doit avoir en plus d’un toit, d’un emploi et d’une voix, UN MOI.  La reconnaissance doit être mutuelle entre l’individu et la collectivité dans laquelle il évolue sinon c’est la confrontation qui s’imposera inéluctablement.    

Benamghar Rabah

l'automepris mene à la vidange systématique de l’âme et à la neutralisation du moi , a ce stade vous pouvez injecter dans cette âme un moi nouveau arabe, juif ou autre vous pouvez meme en faire un chien , de toute manière c'est un crime contre l'humanité,
Pour pousser quelqu'un à l'automepris il faut attaquer son amour propre à commencer par amocher l'image de ses peres, ses valeurs, ses choix, freiner son expression, comme dit le proverbe un homme silencieux finit par se douter de son existance

Publié par mazguen morad le jeu 29/12/2011 - 17:49

Permalien

Il faut travailler et redorer l'image du Amazigh, s'il faut meme la reinventer faisons le et n'ecoutons pas trop l'histoire, elle est ecrite par les vainqueur, L'automepris qui reigne actuellement chez nous est programmé (voir toutes sortes d'intimidation) c'est l'un des moyens de deculturisation et de depersonalisation car l'automepris mene d'abord à l'etat d'absence (un etat d'ame vidée) et favorise ainsi la francisation ou l'arabisation
pouvez vous imaginer un tel crime , je travaille actuellement avec un groupe de jeunes gens qui n'acceptent pas de disparaitre sous quelque forme que ce soit (canadisation ou autre), nous travaillons sur un projet de criminalisation de l'arabisation en faveur de la conservation d'une race d'etre humain , qui represente une manière d’être différente, une intelligence et maniere de percevoir le monde diffirente, Merci et merci infiniment

Publié par ALVAAZ le jeu 29/03/2012 - 21:12

Permalien

SUITE A VOTRE ANALYSE ,POUR MOI VOUS ETES UN FAIBLE D'ÉSPRIT ET UN MENDIANT DE MOTS, THANMIRT

Ajouter un commentaire

Filtered HTML

  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.