L'effacement mémoriel des Amazighs vient aussi d'Europe

Publié par Jose Baez Guerra le ven 28/10/2011 - 10:42

L'une des Pyramides amazighes de Güimar - Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/tml/5500633116/

En reconnaissance au professeur Mohamed Chafik, défenseur infatigable et enquêteur de la mazighitude et éternel référant pour ceux qui nous avons suivi la trace de notre HISTOIRE commune, …
 
Notre Histoire véritable remonte à des temps bien plus anciens que ne le laisse supposé l'Histoire écrite par les Européens.

L'absence presque absolue de la référence amazigh (berbère) dans l'Histoire des Îles Canaries est chargée de mythes qui persistent jusqu'à nos jours. Cela s'explique par le fanatisme religieux ou ethnique des colonisateurs d'hier. Les vertus dans lesquelles se résumaient ces sociétés les ont conduit à l'altération de l'autre, l'altération mémorielle, l'ignorance. Ce qui a été effacé et resté caché, marginalisé ne doit pas réapparaître pour les adversaires d'aujourd'hui.

Les Canaries furent considérées comme un rempart supposé au processus d'islamisation qui gagnait du terrain sur le continent.  Les effets du christianisme ont été les mêmes que l'islamisation au nord du continent africain. Les Canariens, peuple africain, insulaire animiste, a su préserver sa continuité historique en dépit de la volonté de soumission. Le conquistador espagnol a tout fait pour couper notre relation naturelle avec l'Afrique, pour faire disparaître nos échanges,  pour "fracasser" notre culture et notre identité.

Les origines authentiques de notre Histoire se situent presque 2700 ans avant le débarquement de Jean de Bethencourt à Bojador. Nos références insulaires de premières habitations datées remontent à plus de 2000 ans.  Pour l'étranger, spécialement, pour l'Espagne embryonnaire il était intéressant d'ignorer et de mépriser notre existence. Nos liens avec nos racines se projettent au-delà de nous mêmes, sur bien d'autres aspects que la géographiques ou l'histoire, non  seulement dans la culture. Nous faisons partie d'une civilisation qui se perd dans la nuit des temps, dans le commerce maritime, les tribus, ethnies et des peuples, avec plus de 33 siècles d'existence au moins !

Le terme  berbère, utilisé par les Romains, les Grecs et par la suite en forme de barbare, continue à être utilisé, surtout par des cercles moins documentés ou compromis avec la culture amazigh, mais il est péjoratif, et les accords de mazighiologues, des institutions, et des rencontres internationales, des associations imazighene, ont convenu  sa désuétude.

Amazigh, dans la langue ancienne des Egyptiens c'est-à-dire dans le tamazight, signifie "un homme libre". Employé comme adjectif singulier il marque l'appartenance à une nation, au pluriel, imazighen s'identifiant au territoire historique des imazighen, comme la Tamazgha.

L'espace géographique où se répartissent les Amazighs s'étend de l'oasis de Ziwa en Égypte, en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, en Mauritanie, aux Îles Canaries jusqu'au Sahel : le Burkina, Níger et Mali. Les Amazighs sont les premiers habitants de l'Afrique du Nord installés dans ces espaces depuis l'époque préhistorique, depuis plus de 9000 ans.
 
Tomás Quintana

Vice-président de l'Alliance Internationale de la Tamazgha, AIT, et  cofondateur du Congrès Mondial Amazigh, CMA

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