Tlemcen - La vallée amazighe des 1000 martyrs sort de l’isolement

En arpentant les chemins sinueux menant vers la vallée des Amazighs, on a l’impression qu’on est à mille lieues du monde civilisé. Au pied des monts de Béni-Snous, les communes d’Azaïl, d’El-Khemis et de Béni-Bahdel vivent une autre cadence aujourd’hui. C’est notamment le cas des localités de Azaïl, El Fahs, El Khemis, Béni-Bahdel, Sid Larbi, Zahra et bien d’autres hameaux, qui renaissent, et ce, grâce à la politique menée depuis 2013 par l’exécutif : c’est une stratégie qui cible le développement du monde rural.

Les monts de Béni-Snous s’élèvent majestueusement pour perpétuer une civilisation millénaire. A partir de Béni- Bahdel, on se croirait dans la cordillère des Andes, avec ces habitations accrochées à l’immense chaîne montagneuse, comme au pays inca. Beaucoup de projets ciblant tous les secteurs confondus (éducation, santé, infrastructures routières) ont été réalisés, d’autres, sont en voie d’achèvement. La récente visite de travail de l’exécutif dans la daïra de Béni-Snous a permis au wali de s’enquérir des préoccupations des habitants, lors d’une rencontre avec les représentants de la société civile. A cette occasion, le wali a remarqué l’absence des élus de l’APC de Béni- Bahdel (seul le P/APC et deux de ses collaborateurs étaient présents), il n’en fallait pas plus au premier responsable de la wilaya pour dresser un sévère réquisitoire à certains élus qui passent leur temps à s’opposer à toutes les initiatives. Ce blocage prend en otage toute une population, alors que la commune commençait à sortir de son isolement avec de grandes manifestations sportives et culturelles.

A Mezdoura, plus de 190 foyers ont été raccordés au gaz naturel, l’hiver sera moins rude pour ces populations qui vivent dans cette région neigeuse, à plus de 1 200 mètres d’attitude. A Bouhmama, le wali a procédé au lancement d’un projet pour la réalisation d’un château d’eau , d’une capacité de 150 m3. Sur le plan de l’habitat, les travaux sont lancés pour la réalisation d’un lycée 800 places, ce qui réglera définitivement le problème du transport scolaire. Beaucoup de familles hésitaient à envoyer leurs enfants à l’école pendant les journées hivernales. Aujourd’hui, c’est un juste retour des choses, le monde rural fait l’objet de réelles préoccupations.

Notons que dans cette localité, dans les moments les plus difficiles, la touiza est une tradition qui n’a jamais disparu, notamment pendant la période où les chefs terroristes écumaient l’arrière pays. La population de Béni-Snous a payé un lourd tribut pendant la Révolution, plus de 1 000 martyrs tombés au champ d’honneur et une trentaine de victimes du terrorisme. Plusieurs personnalités politiques et ministres (M. Ghazi l’actuel ministre du Travail) sont natifs de Béni-Snous, ainsi que des figures historiques, telles que Mohamed Lamkami, l’un des responsables du Malg, sans oublier bien sûr le pionnier des entrepreneurs algériens dans la région : Hadj Mohamed Dennouni (que Dieu ait son âme, et dont les fils restent fidèles à l’esprit de solidarité avec les démunis. Durant les années 1990, alors que l’hiver isolait les villages les plus reculés de Sid Larbi et Taga, les frères Dennouni volaient au secours de leurs proches avec leurs bulldozers pour dégager les routes. Rappelons que l’enfant terrible de Leicester Ryad Mahrez, natif de Béni-Snous, vient chaque année retrouver les siens sur les hauteurs de la capitale des Zianides.

M. Zenasni

Source

Le Soir d'Algérie

Nations Unies de Tamazgha