Halte à la répression des Amazighs !

Publié par Rédaction Amazigh 24 le jeu 30/08/2018 - 13:09

Communiqué de presse des associations amazighes Tamazgha et Azar

Depuis quelques années, les Etats en place en Afrique du nord multiplient les répressions et les
discriminations qui visent les Amazighs.
Tout en prenant des décisions de pseudo-reconnaissance de la langue amazighe qui est introduite dans la
constitution comme étant langue nationale et officielle aussi bien par la monarchie marocaine et l’Etat
algérien, ces deux Etats s’attaquent aux libertés les plus élémentaires des Amazighs et répriment parfois
avec barbarie dans les milieux amazighs.

Ainsi, avons-nous assisté en 2014-2015 à une véritable barbarie qui s’est abattue sur la communauté
amazighe du Mzab avec la complicité des forces de police algérienne. Des membres de cette
communauté, notamment des militants du mouvement amazigh, ont été arbitrairement arrêtés et
condamnés à des peines de prison. Si certains ont purgé leurs peines d’autres croupissent encore dans les
prisons algériennes.
En Kabylie, depuis plus d’une décennie, la répression a pris une autre forme. Des intimidations, des
atteintes à la liberté de circulation de militants, notamment ceux favorables à l’indépendance de la
Kabylie, se multiplient. Des militants ont été arbitrairement arrêtés et condamnés pour leurs convictions
religieuses et pour avoir exprimé des opinions qui ne sont pas du goût des autorités algériennes. C’est le
cas par exemple de Slimane Bouhafs, un kabyle de confession chrétienne, qui a été condamné en
septembre 2016 à trois ans de prison ferme pour « outrage à la religion d’Etat » suite à la publication sur
son compte Facebook des propos visant l’islam.

Encore récemment, le 14 juillet 2018, Salim Yezza, un militant amazigh des Aurès, s’est vu arrêté à
l’aéroport de Biskra, dans les Aurès, alors qu’il s’apprêtait à rentrer en France après avoir assisté aux
obsèques de son père. Malgré la défense et la solidarité dont il avait bénéficié, il a écopé d’un an de
prison avec sursis et d’une amende. Son « tord » était d’avoir exprimé sa solidarité avec les Mozabites en
2014. Avant lui, le blogueur kabyle Merzouk Touati avait été arrêté le 25 janvier 2018 pour avoir publié
sur son blog une vidéo dans laquelle il avait interviewé un diplomate israélien. Accusé d’intelligence avec
l’ennemi, il a été condamné le 24 mai 2018 à dix ans de prison ferme par le tribunal algérien de Bgayet.
Les autorités de la monarchie marocaine ne sont pas en reste et ont brillé ces dernières années, tout
comme leur voisin algérien, par la répression des Amazighs.

En réponse à la mobilisation pacifique des villages de la région d’Imider qui ont entamé en août 2011 un
sit-in ouvert sur le Mont Alebban où les populations des sept villages d’Imider ont dressé leurs tentes et
occupent les lieux en permanence pour dénoncer la spoliation dont ils sont victimes, les autorités
marocaines ont usé de répression. N’ayant pas vu leurs tentatives de corruption aboutir, les autorités de la
monarchie marocaine ont très vite usé de violence et se sont attaqué aux animateurs de cette mobilisation
en les arrêtant et condamnant arbitrairement. La mobilisation n’a pas fléchi puisque le mont Alebban est
toujours occupé par les populations des villages, mais des militants croupissent toujours dans les prisons
marocaines.

Associations Azar & Tamazgha
Tamazgha