Appel à une Grande marche de Rabat pour la libération des détenus du Hirak Rif

Publié par Amazigh 24 le sam 14/07/2018 - 15:19

L’Assemblée Mondiale Amazighe appelle à une participation intensive à la marche de Rabat pour la libération des détenus du Hirak Rif

Appel

En réponse à l’ appel détenus du Mouvement Populaire du Rif incarcérés à Casablanca, et condamnés à plus de 300 ans de prison ferme, et en interaction avec tous les militants et les militantes croyant en la justesse de leur cause et de leur innocence, et à toutes les composantes du peuple marocain de diverses expressions politiques, syndicales, associatives et civiles .., à l'organisation d'une marche nationale populaire à Rabat, le dimanche prochain 15 juillet, sous le slogan: "Tous pour exiger la libération des détenus et la levée du siège sur la région du Rif".

Et en continuité à la mobilisation et à la contestation en cours en faveur de la libération de tous les détenus dans le contexte du mouvement de protestation pacifique que connais la région du Rif, à la suite de l’horrible assassinat de « Mohcen Fikri» dans un camion-benne le 28 octobre 2016 et en protestation contre les sentences de vengeance émises par la Chambre criminelle de tribunal de première instance d'appel à Casablanca à l’encontre des détenus innocents, le soir du mardi 26 juin 2018, l'Assemblée Mondiale Amazighe déclare son soutien à cet appel des détenus et de leurs familles et appelle à tous les activistes, les défenseurs et ONG des droits amazighs et des droits de l’homme, ainsi que à toutes couches sociales de la société marocaine à répondre posotivement à l'appel des détenus et de leurs familles et à participer massivement et activement à la marche nationale qui sera organisée ce dimanche prochain 15 Juillet à Rabat, à partir de dix heures du matin, à partir de la place Bab El Had.

Un procès injuste et des jugements de vendetta

C’est avec atterrement que l’Assemblée Mondiale Amazighe a accueilli les durs jugements vengeurs émis par la chambre des délits de première instance au tribunal d’appel de Casablanca, le soir du Mardi 26 juin 2018, à l’encontre des détenus de la contestation populaire rifaine. Jugements qui cumulent (300 ans) trois siècles de prison ferme pour les prisonniers déplacés à Casablanca, après leur participation aux manifestations pacifiques et civilisationnelles comme en a témoigné le monde. Ceci fait suite au broyage horrible du citoyen « Mouhssine Fikri » dans la benne d’un camion d’ordures le 28 octobre 2016 et à la revendication des droits culturels, économiques et sociaux pour la population de la région du Rif qui souffre de marginalisation, d’exclusion et d’un embargo sécuritaire et économique depuis les années cinquante du siècle passé.

Ces revendications sont jugées légitimes et justes par les responsables gouvernementaux, en plus de la décision royale connue médiatiquement sous l’appellation « séisme politique » qui a entrainé le limogeage de responsables gouvernementaux en raison du retard accusé au niveau d’un nombre de projets. Projets pour lesquels des milliers de manifestants de différents courants et âges se sont sortis et ont été réprimés. Des centaines d’activistes qui ont mené les marches et les sit-in de protestation pacifiques ont été arrêtés et emprisonnés et poursuivis par des accusations surréalistes à tel point que les activistes sont accusé de complot contre la patrie et appel au renversement du régime…et d’autres accusations imputées à des activistes pacifiques dont les revendications sont justes, légitimes et entrent dans le cadre des dispositions de la Constitution.

Et au lieu du dialogue et de la prise en considération des revendications justes des manifestants, l’Etat marocain a opté pour une approche sécuritaire répressive, des arrestations anarchiques et des procès marathoniens formels de centaines de détenus jugés par les tribunaux de Al Houssima et répartis dans les prisons d’ Al Houssima, Nador, Taounat…L’Etat a aussi décidé de déplacer plus de cinquante détenus parmi les principales figures de la contestation pacifique rifaine vers la prison Okacha à Casablanca pour enquête. Enquête qui a abouti à des procès de plus de 84 séances à la salle de première instance des délits de Casablanca, devant des juges que tout le monde juge partiaux.

Après plus d’une année de détention des figures de la contestation, en l’occurrence Nasser Zefzafi, Mohamed Jelloul, Mohamed Elmjaoui et Nabil Ahamjiq, déportés à la prison Okacha de Casablanca, en isolant Zefzafi durant plus d’une année dans une cellule individuelle, et suite aux nombreuses grèves de faim observées par les détenus en raison des contraintes qu’ils subissent et qui les privent de leurs droits au sein de la prison et après plus de 84 séances qui témoignent de la vacuité du dossier de poursuite des détenus de la contestation et de la légitimité et la justesse des revendications de la contestation rifaine qui est pacifique et civilisationnelle et dont l’organisation, le caractère pacifique - protection des biens privés et publics – ont forcé le respect de tous;

Et au moment où l’on s’attendait à un apaisement dans ce dossier juridique et ne méritant pas ces procès marathoniens et l’incarcération de jeunes rifains et à la libération de tous les détenus pour entamer une véritable réconciliation avec le Rif par le biais du développement, la réconciliation et la justice transitionnelle en pansant les blessures de la population du Rif et en répondant au dossier revendicatif de la contestation qui comporte essentiellement des revendications économiques, sociales et culturelles tout en rompant avec la politique des années de plomb, nous sommes surpris par les durs jugements vengeurs émis par le tribunal tardivement dans la nuit de ce mardi, à l’encontre des compagnons de Zefzafi et qui ont atteints plus de 3 siècles.

Ces jugements durs qui nous replonge dans les années des atteintes graves aux droits de l’homme et les années de plomb que nous croyions révolues suite à l’institution de l’organisation Equité et réconciliation, ne peuvent être que vengeurs et méprisants pour les citoyennes et citoyens amazighes du Rif. Ils entérinent la politique de ségrégation entre les citoyens et les régions, renforçant la marginalisation et l’exclusion de la région du Rif en poussant sa jeunesse à affronter les vagues d’émigration en direction de l’Europe pour fuir la misère qui les cerne de tous les côtés en plus de la propagande relative à leur accusation de traitrise et de séparatisme qui a accompagné les manifestations populaires rifaines menée contre le Rif par différentes parties, à commencer par la coalition gouvernementale. S’y joignent ces jugements iniques et vengeurs qui constituent une régression en matière de droit et une atteinte flagrante aux droits et libertés qui nous fait reculer de plusieurs décennies. Atteintes payées chèrement par l’Etat et dont les effets continuent à se sentir lors des rencontres internationales et auprès des organisations internationales des droits de l’homme.

Partant de cela, l’Assemblée Mondiale Amazighe déclare ce qui suit :

· Affirmons que ces jugements de vendetta émanent d’une justice partiale suite à des procès iniques et non équitables comme en témoignent la défense et les organisations de droit.

· Affirmons que ces jugements sont une preuve implacable inhérente à « l’apostasie juridique » et un recul en matière des droits de l’homme au Maroc qui infirme la réforme du système de la justice.

· Demandons à mettre fin à cette mascarade et à ces jugements formels et la libération immédiate de tous les détenus de la contestation rifaine ainsi que la clôture de ce dossier définitivement, le rétablissement de la justice et la revalorisation de la région du Rif et de ses populations.

· Demandons la satisfaction immédiate du dossier revendicatif de la contestation rifaine, en coupant avec la politique de vengeance et le tempérament sécuritaire dans la gestion des revendications justes et légitimes des citoyens du Rif tout en choisissant la réconciliation avec le Rif, au lieu de la politique de vengeance.

· Affirmons de nouveau que ce qui s’est passé dans le Rif est le résultat naturel et inévitable de soixante ans de marginalisation et d’exclusion, de répression et de terreur renforcées par un embargo économique qui a poussé la population à émigrer vers l’Europe.

· Exprimons notre solidarité totale avec tous les détenus et leurs proches ainsi qu’avec toutes les populations rifaines et insistons sur la légitimité de leurs revendications et le caractère pacifique et civilisationnel de leurs manifestations.

· Renouvelons notre demande relative à l’octroi d’une autonomie politique élargie dans la gestion de leur région dans le cadre d’un Etat fédéral uni et pluriel, qui garantit le droit à une vie digne pour tous ses citoyens ainsi que leur droit de profiter de leurs richesses, en coupant avec la logique de l’Etat centralisé qui n’a contribué qu’à davantage de marginalisation et d’exclusion des zones et des régions à spécificités culturelles et linguistiques.

Pour l’Assemblée Mondiale Amazighe

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