Haut conseil des Amazighs de Libye - Pas de Libye sans les Amazighs

Avec la complicité passive ou active de la communauté internationale et des instances des Nations unies, des Libyens tentent de faire croire à des accords de paix en se payant la tête des Amazighs complètement exclus de ce processus dit de paix en Libye.

Mais les Amazighs, loin d’être dupes ou de se laisser avoir par cette initiative orchestrée par une communauté internationale soucieuse de ses seuls intérêts et qui semble avoir trouvé les supplétifs locaux sur lesquels elle s’appuiera, ne comptent pas se taire ni laisser quiconque les marginaliser ou remettre en cause leurs droits fondamentaux.

C’est ainsi que suite à la conclusion de l’accord qui a sanctionné les négociations de Skhirat auxquelles les Amazighs n’ont pas été associés, le Haut conseil des Amazighs de Libye (HCAL), instance représentative des Amazighs, rend public un communiqué par lequel il met en garde quant aux tentatives qui visent à écarter les Amazighs ou à remettre en cause leurs droits.

Le HCAL qui précise que ces accords sont simplement un non-événement pour les Amazighs, réitère sa détermination à combattre, et avec tous les moyens, tous ceux qui tenteront de porter atteinte à leurs droits et à leurs institutions. Estimant que la Libye traverse une situation aux développements dangereux et face aux tentatives de remise en cause des droits des Amazighs et leur exclusion dans l’implication dans la gestion des affaires libyennes, le HCAL appelle les représentants de l’ensemble des organisations de la société civile du pays amazigh, les combattants ainsi que les militants de la cause amazighe à une réunion qui aura lieu à Tripoli le lundi 28 décembre 2015 afin de débattre sur une situation jugée grave et inquiétante par l’instance représentative des Amazighs de Libye.

Décidément, les alliances anti-amazighes se mettent en place dès que les Amazighs décident de se mobiliser pour leurs droits fondamentaux. Nous l’avons bien vu dans le pays touareg avec l’affaire de l’Azawad et depuis 2011 nous le vivons en Libye. Mais les Amazighs de Libye qui ont su jusque-là prévenir tous les risques veillent bien sur les acquis de leur révolution : tout en ne renonçant pas à la Libye en tant que pays auquel ils appartiennent, ils refusent de reconnaître toute institution qui refuse de les reconnaître. Et jusque-là rien, et aucun alibi, ne leur a détourné de la voie qu’ils ont empruntée. Cette fois-ci, c’est l’alibi de la menace de l’Etat islamique qui a été utilisée conjointement par les franges mafieuses de Libye et la communauté internationale qui les soutient, dont la France, pour faire convaincre de la nécessité de l’"union sacrée" et l’acceptation de l’accord de Skhirat, signé le 17 décembre 2015 près de Rabat entre les représentants des deux parlements rivaux de Libye.

Un Conseil présidentiel de neuf membres qui devrait mettre en place un gouvernement d’union nationale qui organiserait des élections est mis en place à l’occasion des négociations de Skhirat. Pour certains observateurs, cet accord préparerait le terrain à une intervention internationale qui viserait les troupes de l’Etat islamique présentes sur le territoire libyen et qui prennent de plus en plus de l’ampleur.

En tous cas, les Amazighs ne comptent pas faire les frais d’une quelconque prétendue lutte anti-djihadiste. Ils tiennent à ce qu’ils soient associés à toute négociation et à toute initiative qui se veut dans l’intérêt de la Libye. Pour eux la Libye ne pourrait se faire sans les Amazighs qui ne sont pas prêts à rester à la marge. 

HCAL 22 décembre 2015

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