Communiqué de l’Assemblée Mondiale Amazighe-Maroc sur la contestation du Rif

C’est avec une grande inquiétude que l’Assemblé Mondiale Amazighe–Maroc a suivi les évolutions dangereuses dans la ville d’Al Houssima. Parce que l’Etat a adoptée une approche sécuritaire inaugurée par l’arrestation de plusieurs activistes de la contestation publique. Outre, l’Etat, au nom du procureur du roi d’Al Houssima, a émis une circulaire ordonnant l’arrestation des activistes. Tout en refusant de manière absolue le retour de l’usage par l’Etat de l’approche répressive et de la politique de musellement de la parole par la force excessive, nous déclarons ce qui suit :

- Nous faisons endosser à l’Etat marocain la responsabilité entière quant à toutes évolutions potentielles qui surviendront dans la région en raison de son approche sécuritaire excessive et nous appelons tous les sages, dans toutes les institutions de l’Etat, à faire preuve de maturité et de sagesse et comprendre l’échec des moyens de répression face aux revendications légitimes du peuple, revendications fondées sur les pactes internationaux des droits de l’homme et des peuples.

- Nous appelons à la constitution d’une commission royale composée de personnalité nationales neutres, non partisanes et propres qui gérera le dialogue et servira d’intermédiaire entre l’Etat et les contestataires. Nous estimons qu’à lui seul, le dialogue et l’interactivité avec les contestataires, est source de réconciliation pour tous. Car l’approche sécuritaire répressive ne réussira jamais et coutera, ultérieurement, très cher au pays et n’en profitera que ceux qui s’enrichissent des drames humains, des tremblements, des malheurs et des guerres, ainsi que les commerçants des malheurs qui ont l’habitude de se présenter comme représentants du Rif.

- Nous affirmons que ce qui se passe dans le Rif actuellement est le résultat de soixante années de marginalisation, de répression. Pour ce, nous demandons d’ouvrir une enquête relative aux revendications de la population de la région et aux projets réservés à la région, y compris les projets ayant trait au tremblement de 2004, tremblement qui, comme nous le savons tous, a été exploité par certains pour réaliser des intérêts personnels matériels et politiques.

- Nous réitérons notre solidarité totale avec les contestataires d’Al Houssima et des autres régions du Rif et nous insistons sur la légitimité de leurs revendications. Nous dénonçons avec force la politique de l’Etat qui consiste à exploiter la moindre erreur pour réagir.

- Nous affirmons que la contestation rifaine est le résultat naturel de l’indifférence de l’Etat vis-à-vis des protestations populaires de 2011. Nous espérons que l’Etat ne reproduira pas les mêmes erreurs car leurs conséquences seront dangereuses même après des années.

- Nous demandons la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées et l’abandon de toute poursuite judiciaire contre eux. Nous demandons aussi de permettre aux citoyens d’exercer leur de droit de protester pacifiquement à Al Houssima et dans toutes les régions du Rif et que soit mis fin à la campagne médiatique de désinformation et que les figures et les partis politiques qui sont contre les personnes arrêtées se taisent.

- Nous demandons à ce que les mosquées ne soient pas exploitées politiquement et que la religion ne devienne un facteur de confrontation entre les contestataires et l’Etat, et ce en séparent la religion de la politique et de ses pratiques pour garantir une atmosphère propice au dialogue. En définitif, tout en exprimant notre estime et respect pour les Amazighe du Rif, nous attirons leur attention et leur disons que leur victoire est inhérente à la dimension pacifique de la contestation. Pour ce, ils doivent s’opposer à tout ceux qui prônent la violence, verbale ou physique. Le moment réclame la sagesse, la maturité, et l’endurance. Assemblée Mondiale Amazighe au Maroc

La présidente : Amina Ibnou Cheikh