Cirta (Constantine) la légendaire

Publié par Bob Priorem le sam 24/12/2011 - 15:42

Constantine est l'une des plus vieilles villes du monde. Toutefois, la date exacte de sa fondation n'a pas été établie à ce jour. L'impossibilité d'effectuer des fouilles archéologiques au coeur de la vieille ville, en vue d'exhumer la plus ancienne couche urbaine, explique cette carence dans la datation.

CIRTA, premier nom de la cité, est mentionnée pour la première fois dans l'Histoire à l'occasion de la seconde guerre punique, soit vers la fin du 3e siècle avant- J .C.

Elle avait déjà la réputation d'être une place inaccessible, en même temps qu'une ville "opulente", riche de par son rôle commercial.

Image retirée.

Gorges du Rhumel en 1958

Si elle a été quelquefois capitale d'Etat, notamment à l'époque numide sous Massinissa (203-149 av. J.C), elle a toujours été une métropole régionale. Son extension a évolué avec les vicissitudes de l'Histoire : parfois circonscrite essentiellement sur le " Rocher", qui est le véritable coeur et foyer de la ville ; et d'autrefois s'étendant en faubourgs extérieurs .

En l'an 311, Cirta se trouvant impliquée dans les guerres civiles romaines, a été détruite en grande partie par Maxence. Constantin, sorti vainqueur de ces guerres, la fit reconstruire en l'an 313. Cirta prit alors le nom de C0NSTANTINE, qu'elle porte maintenant depuis 17 siècles. Peu de villes au monde peuvent se targuer d'une aussi longue permanence : du 3e siècle av. J.C. à nos jours, soit durant 23 siècles, la ville a toujours été habitée, vivante et animée.

Dans la croyance de l'homme antique, la nature, et en particulier les arbres, les forêts, les sources, les torrents, les sommets des montagnes, les rochers, les abîmes, sont des éléments peuplés d'esprits. De plus, quand ce dernier vit sur les hauteurs, sur des sites rapprochés du ciel et des astres cela rend ces éléments plus propices à une réputation d'utilité, à commencer par la terre nourricière.

Par contre, les éléments qui ont une relation avec les profondeurs de la terre, sont réputés maléfiques, domaines attitrés des démons, comme les gouffres et les torrents dévastateurs qui les emplissent de leurs mugissements, les rochers d'aspects tourmentés et creusés de repaires abritant des fauves dangereux et des reptiles.

Ces derniers étaient à la fois redoutés pour leur venin et sacrés parce qu'habitant la terre, demeure des défunts. Les serpents semblent avoir été jadis assez nombreux dans les gorges. Le dernier, un assez gros python y fut capturé dans les années 20 d'années près de la Grotte des Pigeons par les dompteurs d'un cirque de passage. (Événement relaté en son temps par « la Dépêche de Constantine »).

Le gouffre du Rhumel était donc un site redoutable par excellence. Les dangers très réels qu'il recelait, ainsi que l'horreur sacrée qui s'en dégageait, n'ont guère attiré les hommes antiques qui y situaient la demeure attitrée de divinités infernales gréco phéniciennes, les Cabires.

Une légende de l'époque phénicienne nous apporte la première mention des gorges à l'époque historique :

Mais essayons d'abord de reconstituer le bourg primitif berbéro numide groupé autour d'un carrefour de voies commerciales devenu marché.

Dès le 6e siècle avant l'ère chrétienne, des marchands phéniciens s'installent sur le rocher, venant de la côte. Deux ou trois cents ans plus tard, ils établissent un comptoir marchand sur les collines au Sud Ouest de la cité berbère dont les maîtres numides ont témoigné à ces étrangers si utiles par leur civilisation la plus large hospitalité.

Les très nombreuses stèles votives puniques trouvées dans ces parages attestent l'importance de cette colonie marchande. Le sanctuaire de Baal Ammon (dieu soleil phénicien associé à Tanit, déesse carthaginoise de la lune et de la fécondité) situé sur la colline El Hofra semble en avoir été le centre.

A cet endroit, c'est à dire près de l'actuel Hôtel Transatlantique, d'intéressantes fouilles ont été effectuées par la Société d'histoire et d'archéologie de Constantine. M. A. Berthier, en collaboration avec M. l'Abbé Charlier, spécialiste ès langues sémitiques, en ont publié les résultats dans « Le sanctuaire punique d'El Hofra à Constantine » (1955).

L'on sait la ferveur avec laquelle les Berbères numides du Constantinois ont adopté le culte de Baal-Tanit et beaucoup d'autres éléments de la civilisation punique.

Aussi, de Tanit, la grande déesse phénicienne, la légende berbère a fait la reine Tina, dont le palais se dressait sur le sommet du Rocher, c'est à dire, sur l'emplacement de la future Kasbah.

Désireuse de confort moderne, dit la légende, Tina fit proclamer à son de trompe qu'elle épouserait l'homme qui parviendrait à faire monter l'eau courante jusqu'à son palais...

A suivre...

Article écrit par Denis Mourad Chetti

Priorem, Centre Héracles, 1E Avenue Général Michel, 6000 Charleroi, Belgique

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Edition Pays

Publié par yvon BERTEL-VENEZIA le dim 25/12/2011 - 18:25

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C'est la ville où je suis resté jusqu'à 21 ans...elle est au plus profond de mon coeur.

Publié par Louis Frécon le ven 27/01/2012 - 18:58

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Dans les années 1990, Le Signe de Tanit était visible sur de nombreuses pierres exposées au Museum de Constantine.

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